Les explorations électroniques de Tristan Perich

Festival Musica oblige Max Dozolme à se pencher sur la programmation de cette édition et nous présente l’un des compositeurs à l’affiche : l’américain Tristan Perich qui propose deux concerts où la musique est une science exacte.

https://www.francemusique.fr/node/les-explorations-electroniques-de-tristan-perich?fbclid=IwAR2_TBELiudFJ7aUg-XTjpOK86FZ5siasHYeVUrvKqIdu1OJ8njzaZ64U-4

Festival Zone Libre

Festival des arts sonores à Bastia, du 6 au 10 juillet 2021.

Concerts/Performances, Installations sonores, Débats et rencontres.

Avec A Limb, Philippe Boisnard, Glasz De Cuir, Thomas Israël, Gauthier Keyaerts , Tamara Laï, Lamaφ, Kika Nicolela, Pastoral , Petermfriess , Prism , Radio Prague , John Sanborn , Christian Vialard , Marc Veyrat , Alain Wergifosse, Yann Van Der Meer, Paradise Now, Régis Cotentin, Tommy Lawson, Jean-Daniel Bécache, The Wheels Orchestra, Annabelle Playe, Alexandra Radulescu, Play It & Reig, Amareda, Wielki, Seffly, Ciolo, RPM…FB event : ZONE LIBRE Festival des Arts Sonores – Bastia

https://www.zonelibres.com

Documentaire : L’avant-garde Italienne

Documentaire sur l’Avant-garde Italienne, plongée dans l’histoire Italienne du XXème siècle, avec la participation de Nicola Sani. Depuis les Futuristes Italiens, en passant par Luigi Russolo, Giacinto Scelsi, Bruno Maderna, Luigi Nono, Luciano Berio & Ennio Morricone, sur France Musique dans l’Expérimentale.

Mappemondes sonores au XXIème siècle. Une autre approche des lieux

La journée d’étude interdisciplinaire « Mappemondes sonores au XXIème siècle. Une autre approche des lieux » organisée par Noémie Fargier, chercheuse postdoctorale à l’EHESS / CRAL, aura lieu le vendredi 3 septembre 2021 à l’ EHESS à  Paris. Date limite pour répondre à l’appel : 20 juin 2021.

https://www.ehess.fr/fr/appel-communication/mappemondes-sonores-xxième-siècle-autre-approche-lieux

Appel à communication

Les cartes sonores en ligne utilisent la technologie des web maps pour associer la prise de son d’un lieu à ses coordonnées géographiques, et ainsi apporter des informations sonores sur une localité, dont la carte nous offre un aperçu visuel. Cette pratique de la prise de son en extérieur (dans l’espace naturel ou l’espace public) et cette collecte de sons in situ, communément désignées par le terme de « field recording » [enregistrement de terrain], mais aussi, dans le monde anglophone, par celui de « location sound » [son d’un lieu], sont à la fois liées au développement de l’écologie acoustique initiée par Raymond Murray Schafer et le World Soundscape Project à la fin des années 1960 et à celui de techniques d’enregistrement portatives. Celles-ci ont permis, à partir des années 1970, à quelques passionnés, artistes, techniciens ou chercheurs, de s’aventurer seuls, en dehors des studios, pour enregistrer les sons de leurs environnements proches ou ceux de territoires éloignés, dans des conditions climatiques mettant souvent à rude épreuve leurs équipements. À partir du milieu des années 2000, le développement d’enregistreurs numériques portatifs de bonne qualité permet à des milliers d’individus de se lancer dans des enregistrements de terrain, en toute autonomie. C’est également à cette même période que le champ interdisciplinaire des sound studies a commencé à se développer, ouvrant la voie, au sein des sciences humaines et sociales, des études artistiques et intermédiales, mais aussi de l’architecture et du paysagisme, à une autre approche sensible, introduisant une attention au sonore et à l’écoute venant contrebalancer ou interroger l’hégémonie du visible, et stimulant de nouveaux territoires de recherches et de création.

Les cartes sonores en ligne, apparues au milieu des années 2000, en sont une des manifestations les plus intéressantes, en tant que médium audio-visuel invitant à une autre approche du réel, et en tant que dispositif de création de savoirs.  Leur étude tisse des réseaux de réflexion sur la cartographie et l’archive, sur le son, l’écoute et l’audio-vision, sur notre approche sensible des lieux, dans le monde réel et sa représentation, ainsi que sur nos expériences virtuelles du monde, via les nouveaux médias. Elles constituent un terreau d’analyse passionnant pour les chercheurs en sciences humaines et sociales ainsi qu’en art et médias, incitent à croiser les approches, et à associer recherche et création.

Durant cette journée d’étude, qui vise à réunir des chercheurs issus de multiples disciplines dont l’intérêt se porte ou vient à se porter sur la cartographie sonore, nous nous concentrerons sur les cartes sonores mondiales, allant au-devant du défi qu’elles posent dans l’articulation entre local et global.

Nous proposons aux contributeurs plusieurs axes de réflexion, portant sur les contenus sonores, la construction de ces cartes en ligne, ou leur usage.

     1. Les contenus sonores

Il s’agira ici de questionner le rapport au réel des sons localisés sur la carte et/ou le rapport au temps que la mappemonde sonore met en place ; les modalités de prise de sons, de collecte, de sélection et de partage des enregistrements sonores, mais aussi leur conservation, rejoignent les problématiques liées aux archives, à leur constitution et leurs usages. Les contenus sonores pourront être aussi analysés à travers la question de l’identité sonore des lieux à l’ère de la globalisation.

     2. La construction des cartes

Au-delà des modalités de participation, de sélection, et de monstration des sons collectés, l’origine géographique des contributeurs nous semble intéressante à sonder, notamment dans les rapports entre leur lieu de résidence et les lieux enregistrés, et les différentes approches qu’ils induisent. Cela ouvre aussi une réflexion sur la notion même de cartographie sonore, qui incite à la fois à l’analyse épistémologique des cartes sonores existantes et à l’imagination de cartographies sonores alternatives. Les rapports entre audible et visible, mais aussi la représentation graphique des lieux via le prisme du sonore seront ainsi au cœur de notre questionnement.

     3. Usages et perspectives de ces cartes sonores

C’est d’abord l’expérience des utilisateurs que nous invitons à étudier : la façon dont les cartes sonores sont regardées, visitées, écoutées, interrogeant l’écologie de l’attention dans laquelle elles s’inscrivent et l’approche des lieux qu’elles permettent. Les mappemondes sonores pourront aussi être étudiées sous l’angle des pratiques « artivistes », et notamment de l’activisme écologique, interrogeant quel rôle l’écoute du monde à laquelle elles invitent cherche à jouer pour son devenir. Une autre approche pourrait consister à évaluer l’intérêt de ces cartes sonores pour la recherche et la création, au niveau de leur conception, de leurs contenus, mais aussi des pratiques culturelles participatives.

Ces pistes de réflexions, à titre suggestif, peuvent être croisées et enrichies, en s’appuyant sur des exemples concrets. Notre objet d’étude se situant au carrefour de multiples disciplines, les approches issues des divers champs des sciences humaines et sociales, mais aussi des arts, du paysage, de l’ingénierie des médias, ou à leur croisée, sont les bienvenues.

Nous attendons vos propositions de communications, en français ou en anglais (500 mots maximum), accompagnées d’une courte biographie pour le 20 juin 2021 par mail aux deux adresses suivantes :

noemie.fargier@ehess.fr et globalsoundmaps@gmail.com

Réponse aux auteurs : début juillet 2021.

Quelques mappemondes sonores en ligne :

Bibliographie [non exhaustive]

Aït-Touati, Frédérique, Arènes, Alexandra, Grégoire, Axelle, Terra Forma. Manuel de cartographies potentielles, Paris, Éditions B42, 2019.

Augoyard, Jean-François, Torgue, Henry, À l’écoute de l’environnement. Répertoire des effets sonores, Paris, Éditions Parenthèses 1995.

Barthes, Roland, « Écoute », in L’obvie et l’obtus. Essais critiques III, Paris, Seuil, 1982, pp. 217-230.

Besse, Jean-Marc, « Le paysage, espace sensible, espace public », Meta. Research in hermeneutics, phenomenology, and practical philosophy, vol. II, n°2, 2010, p. 259-286.

Besse, Jean-Marc, La nécessité du paysage, Marseille, Parenthèses, 2018.

Besse, Jean-Marc et Tiberghien, Gilles A.(dir.), Opérations cartographiques, Arles, Actes Sud, 2017.

Cassagnau, Pascale, Une idée du Nord : des excursions dans la création sonore contemporaine, Paris, Beaux-arts de Paris éditions, 2014.

Chion, Michel, L’Audio-vision, Paris, Nathan, 1990.

Chion, Michel, Le promeneur écoutant, Paris, Éditions Plume, 1993.

Chion, Michel, Le Son, Paris, Nathan, 1998.

Citton, Yves, Pour une écologie de l’attention, Paris, Seuil, 2014.

Corbin, Alain, Les cloches de la terre Paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au XIXe siècle, Paris, Albin Michel, 1994.

Galand, Alexandre, Field Recording. L’usage sonore du monde en 100 albums, Marseille, Le mot et le reste, 2012.

Guiu, Claire, Faburel, Guillaume Mervant-Roux, Marie-Madeleine, et. al. (dir.), Soundspaces : Espaces, expériences et politiques du sonore, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Géographie sociale », 2014.

Deshays, Daniel, Pour une écriture du son, Paris, Klincksieck, 2006. 

Deshays, Daniel, Sous l’avidité de mon oreille. Le paradigme du sonore, Paris, Klincksieck, 2018.

Droumeva, Milena, Randolph, Jordan, Sound, media, ecology, London, Palgrave Macmillan, 2019.

Droumeva, Milena, « Soundmapping as critical cartography. Engaging publics in listening to the environment », Communication and the Public, Vol. 2(4), 2017, p. 335-351.

Fargier, Noémie, « Global Sound Archive. Soundmap Projects and the Perspective of Future » in Ben Fletcher-Watson and Jana Phillips, dir. Humanities of the Future: Perspectives from the Past and Present. Edinburgh, IASH Occasional Papers, vol. 21, 2020, p.83-97.

Farina, Almo, H. Gage, Stuart, Ecoacoustics. The Ecological role of sounds, Oxford, Wiley, 2017.

Gonon, Anne, Tout ouïe. La création musicale et sonore dans l’espace public, Lavérune, Éditions l’Entretemps, 2016.

Krause, Bernie, Le grand orchestre animal, Paris, Flammarion, 2013.

Krause, Bernie, Voices of the wild. Animal songs, human din, and the call to save natural soundscapes, Newhaven & London, Yale University Press, 2015.

Krause, Bernie et United Visual ArtistsLe grand orchestre des animaux, Paris, Fondation Cartier pour l’art contemporain, 2019.

Labelle, Brandon, Acoustic Territories. Sound culture and everyday life, New-York, Continuum, 2010.

Lammes, Sybille, Perkins, Chris, et. al. (dir.), Time for mapping. Cartographic temporalities, Manchester, Manchester University Press, 2018.

Lane, Cathy, Carlyle, Angus, In the field. The art of field recording, Devon, Uniform books, 2013.

Leloup, Rainier, « Les enjeux de la cartographie sonore par rapport à la frontière de la neutralité », Intersection, 37/2, 2017, p. 59-72.

Mariétan, Pierre, L’environnement sonore, Approche sensible, concepts, modes de représentation, Nîmes, Champ social éditions, 2005.

McMurray, Peter, « Ephemeral cartography. On mapping sound », Sound Studies, 4:2, 2018, p. 110-142.

Nadrigny, Pauline, « Paysage sonore et pratiques de field recording », Journées d’études There is no such thing as nature! : Redéfinition et devenir de l’idée de nature dans l’art contemporain, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, INHA, HiCSA, 2010.

Nancy, Jean-Luc, À l’écoute, Paris, Galilée, 2002.

Oliveros, Pauline, Deep Listening. A Composer’s Sound Practice, New-York, Shanghai, iUniverse, 2005. 

Paranthoën, Yann, Propos d’un tailleur de son [recueillis par Alain Veinstein], Arles, Phonurgia nova, 1990.

Schaeffer, Pierre, Traité des objets musicaux, Paris, Seuil, 1966.

Schafer, Raymond Murray, The tuning of the world, New-York, Knopf, 1977.

Solomos, Makis et al., (dir.), Musique et écologies du son. Propositions théoriques pour une écoute du monde, Paris, L’Harmattan, 2016.

Solomos, Makis, « From Sound to Sound Space, Sound Environment, Soundscape, Sound Milieu or Ambiance », Paragraph, Edinburgh, Edinburgh University Press, 41 (1), 2018, p. 95-109.

Sterne, Jonathan, The Audible Past, Durham, Duke University Press, 2003.

Sterne, Jonathan, Mp3. The meaning of a format, Durham, Duke University Press, 2012.

Thulin, Samuel, « Sound maps matter. Expanding cartophony », Social & Cultural Geography, 19:2, 2018, p. 92-210.

Torgue, Henry, Le sonore, l’imaginaire et la ville. De la fabrique artistique aux ambiances urbaines, Paris, L’Harmattan, 2012.

Truax, Barry (dir.), Handbook for Acoustic Ecology, World Soundscape Project, Vancouver, Simon Fraser University and ARC Publications, 1978.

Voegelin, Salomé, Sonic possible worlds. Hearing the continuum of sound, New-York, Bloomsbury, 2014.

Westerkamp, Hildegard, Soundwalk Practice: An Agent for Change?, actes du colloque The Global Composition, Conference on Sound, Media, and the Environment, 2012.

Music for India

Un concert en ligne aura lieu le 5 juin pour aider l’Inde face au COVID-19 avec :

Terry Riley – Kala Ramnath – George Brooks – Chuck Johnson

Music For India est une série spéciale de concerts en direct visant à collecter des fonds urgents pour l’aide à l’Inde Covid-19. Tous les fonds récoltés iront directement aux organisations qui travaillent sur le terrain en Inde pour fournir de l’oxygène, de la nourriture et d’autres fournitures nécessaires.

Le 5 juin, rejoignez-nous pour le premier concert de la série – un très rare concert en direct par le compositeur légendaire Terry Riley. Riley, qui aura 86 ans le mois prochain, sera diffusé en direct du Japon, où il vit actuellement. Riley entretient une alliance de longue date avec les riches cultures musicales de l’Inde, qui remonte aux années 1960. À l’instar d’autres musiciens éminents de l’époque, dont les Beatles et Ravi Shankar, il a contribué à jeter un pont important entre la musique indienne et l’Occident.

Riley a connu sa première consécration internationale dans les années 1960, lorsqu’il a lancé ce que l’on appelle aujourd’hui le mouvement minimaliste avec son classique « In C ». En 1969, il a sorti l’album A Rainbow in Curved Air, qui a inspiré de nombreux groupes de rock, dont les Who, qui ont nommé leur chanson à succès « Baba O’Riley » en hommage partiel.

En 1970, il devient le disciple du maître indien Pandit Pran Nath, un chanteur de raga. Riley se produit fréquemment en concert avec Pran Nath jusqu’à la mort de ce dernier en 1996. La musique visionnaire et variée de Riley a eu un impact énorme sur des générations d’artistes et de musiciens, y compris des compositeurs contemporains comme Philip Glass et Steve Reich, et sur toute la musique populaire.

Les billets sont à prix dégressif, avec une suggestion de don de 20 $. (Si vous êtes en mesure de donner plus de 20 $, ce sera le bienvenu.) Bien que personne ne soit refusé par manque de fonds, nous vous demandons de contribuer ce que vous pouvez pour aider à fournir des secours en cette période critique de la crise du Covid-19 en Inde. Tous les bénéfices iront directement aux organisations travaillant sur le terrain en Inde.

Sound & Silence

L’exposition Sound and Silence se concentre sur le thème de l’immobilité et du silence dans le domaine de l’art contemporain. La présentation a été réalisée en vue du 250e anniversaire de Ludwig van Beethoven et se base sur la surdité progressive du compositeur comme point de départ pour discuter de la question de la relation entre le son et le silence, de la force productive et en même temps destructrice de l’immobilité et de l’impossibilité d’un silence complet. Dans un large panorama de médias comprenant des installations, des performances, des vidéos, des films, des photographies et des dessins, l’exposition – qui ne se veut pas une contribution à l’histoire de la musique – rend le son du silence perceptible de différentes manières : comme monotonie, répétition et dépôt ; comme pause ou superposition et regroupement, comme immobilité retentissante ou son ruiné ; dans le jeu entre l’immersion méditative, le silence contraint et la résistance tranquille ; et, non des moindres, comme expression ambivalente du sens et de l’absence de sens.

Artistes :

Marina Abramović, Absalon, Nevin Aladağ, Arturo Hernández Alcazar, Dave Allen, Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla, William Anastasi, Laurie Anderson, John Baldessari, Benjamin Bergmann, Jane Benson, Joseph Beuys, Tatiana Blass, Manon de Boer, Maya Bringolf, Christoph Büchel, Julia Bünnagel, John Cage, Hanne Darboven, Bogomir Ecker, Robert Filliou, Terry Fox, Al Hansen, Sofia Hultén, Pierre Huyghe, Annika Kahrs, Idris Khan, Christina Kubisch, Bernhard Leitner, Alvin Lucier, Christian Marclay, Teresa Margolles, Kris Martin, Jonathan Monk, Peter Moore, Janis Elias Müller, Carsten Nicolai, Yoko Ono, Dennis Oppenheim, Nam June Paik, Susan Philipsz, Ricarda Roggan, Anri Sala, Erwin Schulhoff, Sigrid Sigurdsson/Gunnar Brandt-Sigurdsson, Juergen Staack, Jens Standke, Timm Ulrichs, Jorinde Voigt, Gillian Wearing, Samson Young, David Zink Yi, Artur Żmijewski.

du 27 mai au 5 septembre 2021 – KUNST MUSEUM BONN.

https://www.kunstmuseum-bonn.de/nocache/en/exhibitions/current/info/sound-and-silence-4236/

90 artistes pour les 90 ans d’Alvin Lucier

« I am sitting in a room », la pièce d’Alvin Lucier sera interpretée par 90 artistes pour ses 90 ans.

Article dans le New York Times :

> I am sitting in a room marathon

Bestiaire – Les instruments inventés

APO-33 propose l’exposition BESTIAIRE – Les instruments inventés, à la Plateforme Intermédia, Nantes

Solar Return

“Tous corps qui résonnent tremblent et frémissent” 

Le bestiaire est une exposition sur les instruments inventés, ceux de notre temps : circuit bending, lutherie électrique, électronique et autres bêtes étranges à jouer différemment !

Avec Chloé Malaise, Solar Return, Jérémy Picard, Mad Processor, Fryderyck Expert, Igor Porte et les ateliers Mario Bending

Exposition du 8 au 30 mai 2021 du vendredi au dimanche, 15-18H, La Plateforme Intermédia, Boulevard Léon Bureau 44200 Nantes

Finissage-soirée concert le 29 mai 20H30, Atelier de Bitches, 3 rue de Bitches, Nantes.

Plus d’infos ici : http://apo33.org/index.php/2021/04/29/exposition-bestiaire-les-instruments-inventes/

Sisters with Transistors

SISTERS WITH TRANSISTORS est la remarquable histoire inédite des pionnières de la musique électronique, des compositrices qui ont adopté les machines et leurs technologies libératrices pour transformer radicalement la façon dont nous produisons et écoutons la musique aujourd’hui.

Le film trace une nouvelle histoire de la musique électronique à travers les femmes visionnaires dont les expérimentations radicales avec les machines ont redéfini les frontières de la musique, notamment Clara Rockmore, Daphne Oram, Bebe Barron, Pauline Oliveros, Delia Derbyshire, Maryanne Amacher, Eliane Radigue, Suzanne Ciani et Laurie Spiegel.

Un documentaire de Lisa Rovner, raconté par Laurie Anderson, Anglais, 86′

Voir le film Sisters with Transistors ici à partir du 23 avril !

I am sitting in a room

Alvin LUCIER, « I AM SITTING IN A ROOM », pièce pour 2 magnétophones enregistreurs et 2 systèmes d’amplification, est jouée ici dans le cadre des « Rendez-vous contemporains » de l’église St Merry à Paris le 23 octobre 2018, en deuxième partie d’un concert de l’ « Ever Present Orchestra », orchestre dédié à l’œuvre d’Alvin Lucier et en présence ici d’Alvin Lucier, qui a alors 87 ans.

Texte: « I am sitting in a room different from the one you are in now. I am recording the sound of my speaking voice and I am going to play it back into the room again and again until the resonant frequencies of the room reinforce themselves so that any semblance of my speech, with perhaps the exception of rhythm, is destroyed. What you will hear, then, are the natural resonant frequencies of the room articulated by speech. I regard this activity not so much as a demonstration of a physical fact, but more as a way to smooth out any irregularities my speech might have. »

Traduction : « Je suis assis dans une pièce différente de celle où vous vous trouvez maintenant. Je suis en train d’enregistrer le son de ma voix en train de parler, et je vais la jouer dans la pièce encore et encore, jusqu’à ce que les fréquences provenant de la résonance de la pièce se renforcent elles-mêmes, de façon à ce que toute ressemblance avec ce que je dis, sauf peut-être le rythme, soit détruite. Ce que vous entendrez alors seront les résonances naturelles de la pièce, articulées par ma voix. Je ne conçois cette activité pas tant comme une démonstration d’un phénomène physique, mais plus comme un moyen de lisser toutes les imperfections que ma voix pourrait avoir. »

Cette œuvre est pour moi peut-être le plus beau morceau de Poésie sonore, de ce que l’on peut faire avec la voix en utilisant le médium magnétophone. La beauté de cette performance tient à la qualité sonore de la « pièce », ici une église, qui permet au son d’être réverbéré dans des conditions idéales. Alvin Lucier est ici un « Tondichter », un poète des sons. Le 1er enregistrement a eu lieu à l’Electronic Music Studio de l’Université Brandeis en 1969 et comporte 15 ré-enregistrements. Celui de 1980, dans son living room, comporte 32 répétitions. Feedback, boucle, réinjection, inutile de dire l’influence sur un Steve Reich, mais on pourrait évoquer aussi Éliane Radigue avec sa capacité à jouer avec le larsen. L’idée d’Alvin Lucier est de « faire vivre le son », ici de créer un « paysage de sons » à partir de sa propre voix. J. D.

Vidéo : Jacques Donguy. Archives Jacques Donguy.