Le son entre

Pourquoi les artistes visuels s’intéressent-ils au son ? Quelles résonances cela produit dans les œuvres ? Qu’est-ce que le son produit comme situation et comment cela affecte-t-il le visiteur ? En imbriquant des œuvres liées à l’histoire de la musique, à l’usage des voix et de la parole, l’exposition « Le son entre » mène l’enquête sur la manière dont le son nous relie à une histoire commune.

Sâadane Afif, Tout (1998), installation sonore

À partir des collections du Frac et du CNAP
Exposition présentée du 29 avril au 31 décembre 2017
Avec : Saâdane Afif, Dominique Blais & Kerwin Rolland, George Brecht, John Cage, François Curlet & Michel François, Jeremy Deller, Ângela Ferreira, Jean-Baptiste Ganne, Joseph Grigely, Pierre Huyghe, Martin Le Chevallier, Laurent Montaron, Rainier Lericolais, Dennis Oppenheim… et de nombreuses œuvres radiophoniques
Commissaires : Pascale Cassagnau et Keren Detton
En partenariat avec le Centre national des arts plastiques

Exposition Le Son entre, les artistes visuels et le son.

Frac Nord-Pas de Calais du 29 avril 2017 au 31 décembre 2017

Cette exposition fait écho à l’exposition « Musique à voir » présentée au LAAC du 29 avril au 17 septembre 2017
Plus d’infos : www.musees-dunkerque.eu

Musique à voir musique à voir, dunkerque

« Un rythme, cela se voit, cela s’entend, cela se sent dans les muscles » Paul Klee.

Commissariat : Jean-Yves Bosseur

Compositeur de musique électroexpérimentale et musicologue, musicien nomade, Jean-Yves Bosseur, témoin direct d’une grande partie de l’art du XXe siècle, a étudié avec Karlhein Stockhausen, a travaillé avec John Cage et Merce Cunningham, Pierre-Henry… Ces rencontres nourrissent la conviction de Jean-Yves Bosseur qu’aucune cloison entre les disciplines n’est à respecter ou à subir. Les tensions, les chocs issus de la coexistence des arts permettent l’invention, la surprise et évitent l’imitation. En concevant l’exposition Musique à voir, présentée au LAAC du 29 avril au 17 septembre 2017, il nous propose une approche des relations entre les arts plastiques et la musique, à partir des productions artistiques de Jean Tinguely, Yves Klein, Nam June Paik, John Cage, Vasarely, Pierre Bastien, Céleste Boursier-Mougenot… soit 150 œuvres visuelles, sonores et installations.

Musique à voir se prolonge au Frac Nord-Pas de Calais avec l’exposition Le son entre, proposée du 29 avril au 31 décembre. Le Conservatoire de Musique et d’Art Dramatique est naturellement le partenaire essentiel du LAAC pour offrir une riche programmation musicale qui accompagne l’exposition.

https://www.musees-dunkerque.eu/les-expositions/futures/detail-des-expos/actualites/musique-a-voir/

Le Cœur, Christian Boltanski

Chaque année, La Pop propose aux franciliens, notamment aux plus jeunes d’entre eux, de découvrir à l’intérieur de la cale de la péniche une œuvre d’art dont le son est l’un des éléments constitutifs, voire l’enjeu central de sa conception.
Après Claude Lévêque en 2016, Christian Boltanski investit cette année l’espace flottant de La Pop. Grâce à un prêt de la collection Antoine de Galbert, le visiteur sera ainsi plongé dans la pénombre de l’œuvre Le Cœur.
Créée en 2005 et présentée à La Maison rouge en 2008 à l’occasion de l’exposition Les Archives du cœur, cette installation, à la manière d’une vanité, nous fait ressentir le mouvement perpétuel et fugace qui relie la vie à la mort. Une lampe, reliée au plafond par un simple fil, s’allume et s’éteint en suivant le rythme généré par le son amplifié des battements du cœur de l’artiste.
Le Cœur, installation sonore de Christian Boltanski, La Pop, Paris du 1er juin au 30 juin 2017

Festival Interstice #12

La nouvelle édition du festival Interstice (rencontre des inclassables), aura lieu du 27 avril au 7 mai 2017 à Caen !

Pour cette édition,

des expositions de Children of the Light (NL/NO), Pascal Haudressy (FR), Felix Luque Sanchez et Inigo Bilbao (ES), Felix Luque Sanchez et Damien Germany (ES/FR), LAB[AU] (BE), Nonotak (JP/FR)

Des concerts de Perconte et Dunckel (FR), Nonotak (JP/FR), Myriam Bleau (CA), Les Tontons Bringueurs (FR), L’étourneur (FR), Variable (FR)

Des rencontres, ateliers et conférences…

Plus d’infos sur le site du festival : http://festival-interstice.net

12 Sound Artists Changing Your Perception of Art – artnet News

Sound art is having a moment, and we bring you 12 exciting artists using the medium to explore perception, politics, and the effects of sound.

Source : 12 Sound Artists Changing Your Perception of Art – artnet News

Mécaniques remontées

Zimoun investit les espaces du CENTQUATRE-PARIS avec ses sculptures sonores pour sa plus grande exposition. Constituées de petits objets (cartons, balles, petits moteurs…), ses œuvres envoûtent le visiteur, tout en modifiant sa perception de l’espace.

Entretien avec Pascaline Vallée – 2017

Comment combinez-vous l’effet visuel et sonore lorsque vous créez une nouvelle œuvre ?
Y a-t-il un effet qui vient avant l’autre ?
Dans mon travail, vous entendez ce que vous voyez et vous voyez ce que vous entendez. Je m’intéresse à ce caractère direct. Les sons sont générés en temps réel, grâce à la combinaison et à l’interaction physique de matériaux en mouvement, qui jouent avec l’architecture environnante. Il n’y a pas d’abord le son ou l’élément visuel. En ce sens, je ne le vois pas comme combiner le sonore et le visuel, puisque ce sont deux éléments produits par un seul et même dispositif.

Pouvez-vous dire que vous réalisez des « sculptures audibles » ?
C’est une manière de les regarder, ou de les écouter. Cependant, je ne catégorise pas mon travail car je ne cherche pas vraiment à réfléchir dans une case. Néanmoins, je ne considère pas cela comme faux si mon œuvre est comprise comme une « sculpture sonore » ou une « architecture sonore », puisque ces combinaisons de mots reflètent à la fois l’élément sonore et le matériau et l’espace tridimensionnel, et tout ceci en fait partie. Un aspect de ma pratique est l’étude de microstructures vibratoires. L’œuvre explore le rythme et le flux mécaniques de dispositifs préparés. À la fois sonores et visuelles, des unités d’intense activité forment la base des compositions, dont la durée et les contours sont déterminés in situ. Des zones de jeu vides sont construites et mises en mouvement par les éléments de gravité, de résistance, de hasard et de répétition. Dans mes sculptures et installations, l’échelle devient un outil d’amplification ou de multiplication visuelle, alors que j’adapte chaque dispositif à un contexte particulier. Ce que j’appelle « architecture sonore » évoque un espace d’entrée, mais aussi une composition sonore qui fonctionne plus comme un organisme, quelque chose qui ne se transforme pas en quelque chose d’autre progressivement, mais qui est plutôt rempli de variations dans ses détails et avec des possibilités acoustiques puissantes. Il n’est pas question d’un début ou d’une fin. Ce n’est pas une narration. Cela ne va nulle part et cela ne vient de nulle part – même s’il change continuellement dans sa microstructure. Il s’agit plutôt de créer une situation et de se concentrer sur les vibrations qui se produisent à un instant T.

Pourquoi utilisez-vous des systèmes low tech et des matériaux simples comme le carton ou le bois ?
Je m’intéresse généralement à la simplicité, et à la complexité qui en découle. Je construis des systèmes simples, utilisant des matériaux simples, qui se mettent ensuite à générer quelque chose de plus complexe. J’aime les matériaux peu remarquables, la beauté du matériau simple et brut, provenant souvent d’un contexte quotidien ou d’une utilisation industrielle. Je m’intéresse à la fois à la simplicité et à la complexité : la simplicité du dispositif et la complexité dans le comportement qu’il développe en dehors de ce dispositif. Quand et pourquoi percevons-nous des choses comme complexes, bien que nous y voyions la simplicité en même temps ? Je tente de construire des stades dans lesquelles les matériaux commencent à agir individuellement, adoptant leur propre comportement. Les matériaux, les propriétés de résonance, les proportions, l’espace, la force, la fréquence sont quelques uns des éléments-clés dans le processus.

Est-ce que vous êtes inspirés par les processus naturels ?
Certainement, même si je n’essaie pas d’imiter la nature, mais plutôt de construire des compositions spatiales qui ont une certaine vitalité. Je crée des systèmes, qui échappent ensuite à mon contrôle et dont les microstructures changent constamment. Ce processus ressemble aux structures et formes organiques que l’on trouve dans la nature. D’un côté, mon travail est très concret – ce que voyez est ce que vous obtenez : des systèmes mécaniques simples combinant des matériaux bruts. De l’autre, mes créations ont une dimension abstraite. Je les garde très réduites et brutes, même les titres sont simplement les descriptions des matériaux utilisés. Je fais le lien entre mon travail et beaucoup de choses, prenant de nombreuses directions. J’essaie de créer une œuvre qui est capable de m’activer, de me faire penser à différentes choses. Je vois des liens avec différents thèmes et je crée une œuvre sur la base d’un grand champ d’intérêts. La perception, les dispositifs, l’individualité, l’espace, l’absurdité, l’architecture, la science, le son, les méthodes, la simplicité, la composition, la sculpture, la nature, le minimalisme, les réseaux… pour n’en citer que quelques uns, voire même les sociétés, l’industrialisation, l’humour ou la mécanique quantique… En ce sens, j’espère fournir cette liberté au public aussi. Pour moi, il n’y a pas un lien unique correct, une seule association que le visiteur de l’exposition « doit » faire. Il n’y a pas de vrai ou de faux. Plutôt que de transposer une idée ou un thème spécifique, c’est formidable si un visiteur s’anime devant une œuvre et commence à réfléchir ou à se demander, à faire des liens ou à s’interroger.

propos recueillis par Pascaline Vallée – Le CENTQUATRE-PARIS 2017


Interview Zimoun, Festival Interstice 2014. Atelier Radio – Esam Caen-Cherbourg :

« Mécaniques Remontées ». Exposition du sculpteur sonore Zimoun. | sonore visuel

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Zimoun investit les espaces du CENTQUATRE-PARIS avec ses sculptures sonores pour sa plus grande exposition. Constituées de petits objets (cartons, balles, petits moteurs…), ses œuvres envoûtent le visiteur, tout en modifiant sa perception de l’espace.

Source : « Mécaniques Remontées ». Exposition du sculpteur sonore Zimoun. | sonore visuel