Le pavillon Philips, poème Electronique

Le Pavillon Philips et son Poème Électronique, était une architecture dédiée à la synthèse des Arts où Le Corbusier, Edgard Varèse et Iannis Xenakis ont présenté des musiques et projections visuelles; et réussi à faire dialoguer architecture et musique.

« C’est un peu par hasard que j’ai trouvé du travail chez Le Corbusier quand je suis arrivé à Paris, en 1947. J’ai compris ce qu’était l’architecture par son exemple, qui correspondait à ce que je voulais faire en musique »Iannis Xenakis

Un documentaire d’Alexandre Bazin avec Séverine Bridoux-Michel, Mâkhi Xenakis, et les archives de l’INA dont Iannis Xenakis, Edgard Varèse.

https://www.francemusique.fr/emissions/l-experimentale/documentaire-le-pavillon-philips-poeme-electronique-musique-architecture-premiere-partie

avec les musiques de :

Iannis Xenakis _ »Metastasis »  _Orchestre National de l’O.R.T.F Direction Maurice Le Roux paru sur le vinyle des éditions Le Chant Du Monde 1965

Iannis Xenakis« Bohor » Editions Boosey and Hawkes Plus sur le disque Erato – O.R.T.F 1969

Iannis Xenakis« Concret P.H. » Editions Boosey and Hawkes Plus sur le disque Erato – O.R.T.F 1969

Iannis Xenakis« Diamorphoses » Editions Boosey and Hawkes Plus sur le disque vinyle Erato – O.R.T.F 1969

Iannis Xenakis« Orient-Occident » Editions Boosey and Hawkes Plus sur le disque vinyle Erato – O.R.T.F 1969

Edgard Varèse« Density 21.5 » Royal Concertgebouw Orchestra & Asko Ensemble, Direction Riccardo Chailly The Complete Works paru chez Decca

Edgard Varèse« Hyperprism » Royal Concertgebouw Orchestra & Asko Ensemble, Direction Riccardo Chailly The Complete Works paru chez Decca

Edgard Varèse« Poème Électronique »  The Complete Works paru chez Decca

Edgard Varèse« Ionisation »  Royal Concertgebouw Orchestra & Asko Ensemble, Direction Riccardo Chailly The Complete Works paru chez Decca

Edgard Varèse« Octandre »  Royal Concertgebouw Orchestra & Asko Ensemble, Direction Riccardo Chailly The Complete Works paru chez Decca

Biographie des intervenants :

Séverine Bridoux-Michel est architecte, docteur en esthétique et sciences de l’art, chercheur au LACTH/Ecole nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille, chercheur associée au CEAC/Université de Lille, enseignante à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille, et musicienne. Elle a reçu le Prix de la Recherche et de la Thèse de Doctorat en Architecture en 2007 (Académie d’Architecture, Paris). Ses travaux et publications concernent notamment l’étude des processus de conception, les pratiques collaboratives dans l’histoire de l’architecture des XXème et XXIème siècles, ainsi que l’étude des relations interdisciplinaires architecture/musique.

Mâkhi Xenakis est une dessinatrice, graveuse, sculptrice, auteure et décoratrice française. Elle est la fille du compositeur et architecte Iannis Xenakiset de la romancière et journaliste Françoise Xenakis.

Website de Mâkhi Xenakis : https://makhi-xenakis.com

Liens :

Site de la Fondation Le Corbusier : http://www.fondationlecorbusier.fr/

Site internet des Éditions Imbernon :  http://www.editionsimbernon.com

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Les Casse-Goulots Lavouxiens

Mon frère vient de découvrir des traces de notre grand père. Nous connaissions bien l’existence de son groupe Tit Louis Jazz, mais pas de la création en 1927 d’une société de Bigophones qui faisait des concerts, et dont il aurait été président !

Louis Dupin en photo.

« Le Ménestrel » du dimanche 19 juin 1887, journal s’intéressant à la musique et au théâtre et qui  paraît tous les dimanches nous donne quelques explications sur ces instruments :

« Depuis trois ou quatre ans vous n’avez pas été sans remarquer des instruments de musique en carton, aux formes étranges, aux proportions énormes : ce sont les bigophones. Leur nom leur vient d’un simple vendeur de « trompes et de bouquins » sur les champs de foire, M. Bigot, qui eut un jour l’idée de régénérer les musiques de cirque, qui l’horripilaient. En moins de vingt-quatre heures il révolutionna toutes les fanfares, toutes les musiques instrumentales. Pour « jouer » d’un bigophone » quelconque, il n’est pas nécessaire de connaître ses notes. Il suffit de savoir un air et de le chanter dans un instrument en carton. Il va sans dire que les voix de basse chanteront dans des instruments décorés des noms de basson, baryton, bombardon, goliath, monstre, etc., et que les autres souffleront dans des chalumeaux, des flageolets, des musettes, des clarinettes, des trompes, des ophicléides, des serpents, des cornets, des pistophones, etc. Que tous ces noms n’effrayent pas les amateurs. Les « bigophones » ne diffèrent les uns des autres que par leurs formes baroques, excentriques ; mais il n’existe pas deux manières d’en jouer : il suffit de chanter dans l’embouchure. »

Faute de photographie, certains villageois se souviennent encore de leurs activités. Habillés de larges blouses sombres, ils animaient des bals à Lavoux et ailleurs. Il se dit aussi que, participant à un concours de bigophoneux, ils auraient été les premiers et reçu en cette occasion un diplôme…

Les membres du bureau et les administrateurs des « casse-goulots » (ADV, 119 W 6)

C’est à l’aide d’un « Kazoo » (1), aussi appelé « mirliton » (2) qu’ils bricolaient leur instrument ou tout autre objet susceptible d’émettre des sons.

Extrait d’une page du « Catalogue des nouveautés françaises »

Source : http://www.patrimoineethistoiredelavoux.com/2017/02/les-casse-goulots-lavousiens.html

Histoires alternatives des médias sonores. | Sonore Visuel

Les récents travaux menés à la croisée de la musique, de la science et des soundstudies ont montré l’intérêt d’envisager la musique au prisme de l’histoire des sciences et technologies et, réciproquement, la pertinence de la musique comme objet d’étude pour la recherche dans ce domaine

Source : Histoires alternatives des médias sonores. | Sonore Visuel

Philosophie du son (4/4)

Christophe Chassol et l’ultrascore

https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-les-chemins-de-la-philosophie-du-jeudi-05-avril-2018

J’avais réglé deux magnétophones, qui produisaient deux boucles de la voix de Frère Walter répétant : « It’s gonna rain » (Il va pleuvoir). Les boucles étaient exactement de la même durée et je les faisais tourner à la même vitesse sur les deux machines. Je voulais créer une relation spécifique entre deux identités ; il fallait donc que j’aligne ces boucles. En tentant de les régler, je me suis aperçu que les imperfections de la bande et les infimes différences dans la vitesse des moteurs produisaient un léger déphasage si je cessais d’y toucher. J’ai laissé les bandes tourner seules et elles ont graduellement commencé à se disjoindre. J’ai réalisé que je tenais la solution à ce qu’un compositeur considérerait comme un problème de structure musicale : comment s’émanciper d’une situation initiale, pour aller ailleurs. C’était un moyen d’explorer différentes configurations à l’aide d’un matériau unique, et jamais à avoir à élaborer de transitions. Le processus était continu, homogène. Je m’intéressais au timbre de la voix, bien sûr. On aurait pu écrire des centaines de pièces à partir de cette voix et, finalement, n’en réaliser qu’une seule dotée d’un quelconque intérêt musical. Or la logique de cette pièce ; si je puis dire, proposait un nouveau système. Dans la première partie, la bande joue contre elle-même. D’abord bien calée, elle glisse peu à peu et se déphase complètement, avant de revenir à l’unisson avec elle-même. J’ai commencé à comprendre que ce qui était intéressant, c’était la lenteur du processus et sa continuité. Cette première pièce incarne littéralement le processus de déphasage, que j’ai donc découvert en observant deux magnétophones se désynchroniser. Mais ce qu’on retire avant tout de cette expérience c’est un sentiment d’impersonnalité, puisqu’on ne fait qu’observer un processus se réaliser en dehors de tout contrôle. La précision logique de ce phénomène est un autre aspect intéressant. Rien n’est laissé au hasard, dans tous les sens du terme. C’est un processus on ne peut plus, déterminé, plutôt austère et d’une pureté absolue.

Steve Reich, Rien n’est laissé au hasard, 1972 in Steve Reich. Différentes phases, trad. Christophe Jacquet, (Présence graphique, 2016)

Références musicales

Ennio Morricone, Il était une fois dans l’Ouest     

Steve Reich, It’s gonna rain

Bob James, Take me to the mardi gras, 1975

Cream, White Room   (batteur: Ginger Baker), 1968

The Who, Who are you (batteur: Keith Moon), 1978

Foo Fighters, My hero (batteur: Taylor Hawkins), 1997

Christophe Chassol, Two lines (Album Indiamore, 2013)

Christophe Chassol, Funny or serious song (Album Ultrascores II, 2016)

BO West side story, Something’s coming

Philosophie du son (3/4)

Comment les sons s’organisent-ils pour former un ensemble signifiant dans une émission de radio? Quelle place y est laissée à l’imprévisibilité du moment, notamment dans la prise de son en extérieur? Comment le présent dans lequel s’inscrit la parole du speaker, puis l’écoute de l’auditeur, s’articule-t-il avec le passé que donnent à entendre les archives? Jean Lebrun croise la petite histoire avec la grande pour interroger la spécificité de la radio, sa place à l’époque du média global, et ce qui fait la vocation de l’homme de radio…somme toute pas si différente de celle de l’historien : lier passé et présent par le son, comme la transmission des ondes lie le speaker à l’auditeur.

https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/montez-le-son-34-jean-lebrun-de-lautre-cote-du-poste

Extraits :

Archive Jean Lebrun « Culture matin » du 21 janvier 1988,

Archive : Discours de Bidault (25/08/1944) à l’Hôtel de ville

Archive : Alain Trutat sur la forme et le fond à la radio « Les Chemins de la connaissance »(02/09/1987)Montage Journaux parlés 1959-2018 RTF journal parlé de 8h du 29/08/1959 ; inter actualités de  8h 16/05/1968 et 8/09/1978 ; inter matin journal de 8h 20/02/89 et du 3/01/1997 ; inter journal 8h     19/05/2009 et 27/03/18

Archive : Slam de Fabien (Grand Corps Malade) « Travaux publics » 07/06/2004

Philosophie du son (2/4)

Êtes-vous prêt à vous laisser bercer par la voix envoûtante et chevrotante de Gaston Bachelard ?

La radio est propice à la rêverie, nous dit Gaston Bachelard, et nous pourrions même trouver à la radio l’heure des dormeurs. Travail de la voix, douceur des sons, économies des souffles, comment qualifier la mélodie sonore ?

https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/montez-le-son-24-reverie-sonore-de-gaston-bachelard

« Le souffle poétique, avant d’être une métaphore, est une réalité qu’on pourrait trouver dans la vie du poème si l’on voulait suivre les leçons de l’imagination matérielle aérienne. Et si l’on donnait plus d’attention à l’exubérance poétique, à toutes les formes du bonheur de parler doucement, rapidement, en cirant, en murmurant, en psalmodiant…on découvrirait une incroyable pluralité des souffles poétiques. Aussi bien dans la force que dans la douceur, aussi bien dans la colère poétique que dans la tendresse poétique, on verrait en action une économie dirigée des souffles, une administration heureuse de l’air parlant. Telles sont du moins les poésies qui respirent bien, tels sont du moins les poèmes qui sont de beaux schèmes dynamiques de respiration. Il est des mots qui, à peine prononcés, à peine murmurés, apaisent en nous des tumultes. Quand il sait les unir dans leur vérité aérienne, le poème est parfois un merveilleux calmant. Le vers âpre et héroïque sait garder aussi une réserve de souffle. Il donne à la voix brève qui commande une durée vibrante, à l’excès de force il donne la continuité. Un air tonique, une matière de courage coule à flots dans le poème. Toute poésie – non seulement la poésie déclamée, mais la poésie lue en silence – est sous la dépendance de cette économie primitive des souffles. Les types imaginaires les plus divers, qu’ils appartiennent à l’air, à l’eau, au feu, à la terre, dès qu’ils passent de la rêverie au poème, viennent participer à une imagination aérienne par une sorte de nécessité instrumentale. L’homme est un tuyau sonore. L’homme est un roseau parlant. »

Gaston Bachelard, L’Air et les songes, Essai sur l’imagination du mouvement, p. 309 – 310

Gaston Bachelard en novembre 1961• Crédits : Keystone-France/Gamma-Keystone – Getty

Documentaire : « John Cage, Paysages imaginaires »

 

Documentaire consacré au compositeur et philosophe John Cage ( 1912 – 1992) , figure incontournable du XX ème siècle. Le silence, le hasard, les bruits, le happening, le piano préparé, John Cage aura bouleversé la musique et le monde de l’Art.

Source : Documentaire : »John Cage, Paysages imaginaires »