Histoires alternatives des médias sonores. | Sonore Visuel

Les récents travaux menés à la croisée de la musique, de la science et des soundstudies ont montré l’intérêt d’envisager la musique au prisme de l’histoire des sciences et technologies et, réciproquement, la pertinence de la musique comme objet d’étude pour la recherche dans ce domaine

Source : Histoires alternatives des médias sonores. | Sonore Visuel

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Philosophie du son (4/4)

Christophe Chassol et l’ultrascore

https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-les-chemins-de-la-philosophie-du-jeudi-05-avril-2018

J’avais réglé deux magnétophones, qui produisaient deux boucles de la voix de Frère Walter répétant : « It’s gonna rain » (Il va pleuvoir). Les boucles étaient exactement de la même durée et je les faisais tourner à la même vitesse sur les deux machines. Je voulais créer une relation spécifique entre deux identités ; il fallait donc que j’aligne ces boucles. En tentant de les régler, je me suis aperçu que les imperfections de la bande et les infimes différences dans la vitesse des moteurs produisaient un léger déphasage si je cessais d’y toucher. J’ai laissé les bandes tourner seules et elles ont graduellement commencé à se disjoindre. J’ai réalisé que je tenais la solution à ce qu’un compositeur considérerait comme un problème de structure musicale : comment s’émanciper d’une situation initiale, pour aller ailleurs. C’était un moyen d’explorer différentes configurations à l’aide d’un matériau unique, et jamais à avoir à élaborer de transitions. Le processus était continu, homogène. Je m’intéressais au timbre de la voix, bien sûr. On aurait pu écrire des centaines de pièces à partir de cette voix et, finalement, n’en réaliser qu’une seule dotée d’un quelconque intérêt musical. Or la logique de cette pièce ; si je puis dire, proposait un nouveau système. Dans la première partie, la bande joue contre elle-même. D’abord bien calée, elle glisse peu à peu et se déphase complètement, avant de revenir à l’unisson avec elle-même. J’ai commencé à comprendre que ce qui était intéressant, c’était la lenteur du processus et sa continuité. Cette première pièce incarne littéralement le processus de déphasage, que j’ai donc découvert en observant deux magnétophones se désynchroniser. Mais ce qu’on retire avant tout de cette expérience c’est un sentiment d’impersonnalité, puisqu’on ne fait qu’observer un processus se réaliser en dehors de tout contrôle. La précision logique de ce phénomène est un autre aspect intéressant. Rien n’est laissé au hasard, dans tous les sens du terme. C’est un processus on ne peut plus, déterminé, plutôt austère et d’une pureté absolue.

Steve Reich, Rien n’est laissé au hasard, 1972 in Steve Reich. Différentes phases, trad. Christophe Jacquet, (Présence graphique, 2016)

Références musicales

Ennio Morricone, Il était une fois dans l’Ouest     

Steve Reich, It’s gonna rain

Bob James, Take me to the mardi gras, 1975

Cream, White Room   (batteur: Ginger Baker), 1968

The Who, Who are you (batteur: Keith Moon), 1978

Foo Fighters, My hero (batteur: Taylor Hawkins), 1997

Christophe Chassol, Two lines (Album Indiamore, 2013)

Christophe Chassol, Funny or serious song (Album Ultrascores II, 2016)

BO West side story, Something’s coming

Philosophie du son (3/4)

Comment les sons s’organisent-ils pour former un ensemble signifiant dans une émission de radio? Quelle place y est laissée à l’imprévisibilité du moment, notamment dans la prise de son en extérieur? Comment le présent dans lequel s’inscrit la parole du speaker, puis l’écoute de l’auditeur, s’articule-t-il avec le passé que donnent à entendre les archives? Jean Lebrun croise la petite histoire avec la grande pour interroger la spécificité de la radio, sa place à l’époque du média global, et ce qui fait la vocation de l’homme de radio…somme toute pas si différente de celle de l’historien : lier passé et présent par le son, comme la transmission des ondes lie le speaker à l’auditeur.

https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/montez-le-son-34-jean-lebrun-de-lautre-cote-du-poste

Extraits :

Archive Jean Lebrun « Culture matin » du 21 janvier 1988,

Archive : Discours de Bidault (25/08/1944) à l’Hôtel de ville

Archive : Alain Trutat sur la forme et le fond à la radio « Les Chemins de la connaissance »(02/09/1987)Montage Journaux parlés 1959-2018 RTF journal parlé de 8h du 29/08/1959 ; inter actualités de  8h 16/05/1968 et 8/09/1978 ; inter matin journal de 8h 20/02/89 et du 3/01/1997 ; inter journal 8h     19/05/2009 et 27/03/18

Archive : Slam de Fabien (Grand Corps Malade) « Travaux publics » 07/06/2004

Philosophie du son (2/4)

Êtes-vous prêt à vous laisser bercer par la voix envoûtante et chevrotante de Gaston Bachelard ?

La radio est propice à la rêverie, nous dit Gaston Bachelard, et nous pourrions même trouver à la radio l’heure des dormeurs. Travail de la voix, douceur des sons, économies des souffles, comment qualifier la mélodie sonore ?

https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/montez-le-son-24-reverie-sonore-de-gaston-bachelard

« Le souffle poétique, avant d’être une métaphore, est une réalité qu’on pourrait trouver dans la vie du poème si l’on voulait suivre les leçons de l’imagination matérielle aérienne. Et si l’on donnait plus d’attention à l’exubérance poétique, à toutes les formes du bonheur de parler doucement, rapidement, en cirant, en murmurant, en psalmodiant…on découvrirait une incroyable pluralité des souffles poétiques. Aussi bien dans la force que dans la douceur, aussi bien dans la colère poétique que dans la tendresse poétique, on verrait en action une économie dirigée des souffles, une administration heureuse de l’air parlant. Telles sont du moins les poésies qui respirent bien, tels sont du moins les poèmes qui sont de beaux schèmes dynamiques de respiration. Il est des mots qui, à peine prononcés, à peine murmurés, apaisent en nous des tumultes. Quand il sait les unir dans leur vérité aérienne, le poème est parfois un merveilleux calmant. Le vers âpre et héroïque sait garder aussi une réserve de souffle. Il donne à la voix brève qui commande une durée vibrante, à l’excès de force il donne la continuité. Un air tonique, une matière de courage coule à flots dans le poème. Toute poésie – non seulement la poésie déclamée, mais la poésie lue en silence – est sous la dépendance de cette économie primitive des souffles. Les types imaginaires les plus divers, qu’ils appartiennent à l’air, à l’eau, au feu, à la terre, dès qu’ils passent de la rêverie au poème, viennent participer à une imagination aérienne par une sorte de nécessité instrumentale. L’homme est un tuyau sonore. L’homme est un roseau parlant. »

Gaston Bachelard, L’Air et les songes, Essai sur l’imagination du mouvement, p. 309 – 310

Gaston Bachelard en novembre 1961• Crédits : Keystone-France/Gamma-Keystone – Getty

Documentaire : « John Cage, Paysages imaginaires »

 

Documentaire consacré au compositeur et philosophe John Cage ( 1912 – 1992) , figure incontournable du XX ème siècle. Le silence, le hasard, les bruits, le happening, le piano préparé, John Cage aura bouleversé la musique et le monde de l’Art.

Source : Documentaire : »John Cage, Paysages imaginaires »

L!VE ART-PERFORMANCE

Œuvre éphémère, la performance n’existe véritablement qu’en live, dans le temps où l’artiste par un geste, une action (a performance en anglais), nous donne non seulement
à voir mais à vivre une expérience tant politique qu’esthétique.

Du 19 janvier au 17 février 2018 – Vernissage le 19 janvier, Maison des Arts, Evreux, 18H30

En partenariat avec : L’Atelier(s), Le Musée d’art, histoire et archéologie, Le festival Concordan(s)e, La médiathèque Rolland Plaisance, l’ESADHar, Le conservatoire à rayonnement départemental.

Commissariat d’exposition : Cécile Marical, Franck Dubois, Thierry Cattan

 

  • 19 JANVIER › « Ce qui dure dans ce qui dure », performance Lotus Eddé-Kourri & Jean Luc Guionnet
    (MDA salle 2 | 19h30-20h)19-28 JANVIER › « Paso Doble » 2006, vidéo de la performance Miquel Barcelo & Joseph Nadj (MDA salle 2 | voir horaires d’ouverture de la MDA au dos du programme)
  • 20 JANVIER › « Histoire de la performance (1) », conférence de Thierry Cattan (MDA salle 1 | 16h-18h)
  • 23-25 JANVIER › Pascale Houbin, chorégraphe & Carole Martinez, auteure, en résidence de création dans le cadre du festival Concordan(s)e pour une performance,
  • en partenariat avec la Bibliothèque-Médiathèque Rolland-Plaisance (MDA salle 1) 24 JANVIER › Rencontre entre les artistes en résidence Pascale Houbin & Carole Martinez et les élèves de la MDA (MDA salle 1 | 14h-15h30)
  • 25 JANVIER › Rencontre publique avec les artistes en résidence, en présence de Rosita Boisseau journaliste et critique, en partenariat avec la Bibliothèque-Médiathèque Rolland-Plaisance (MDA salle 1 | 20h – 22h)
  • 27 JANVIER › « Histoire de la performance (2) », conférence de Thierry Cattan (MDA salle 1 | 16h-18h)
  • 27 JANVIER › « Elemental Pulse », performance Lucio Capece (Musée | 19h – 20h)
  • 30 JANVIER–3 FÉVRIER › « Anthropométrie de l’époque bleue », archives cinématographiques 1953-1962, sur l’œuvre de Yves Klein, (MDA salle 2 | voir horaires d’ouverture de la MDA) 2 FÉVRIER › « La performance dansée », conférence de Rosita Boisseau journaliste et critique, suivie de la projection du documentaire « Anna Halprin – Le souffle de la danse » 2009, de Ruedi Gerder (Bibliothèque-Médiathèque Rolland-Plaisance | 20h)
  • 3 FÉVRIER › « Histoire de la performance (3) », conférence de Thierry Cattan (MDA salle 1 | 16h-18h)
  • 3 FÉVRIER › « Réveil en fanfare #2 », performance Elizabeth Saint Jalmes (MDA salle 2 | 19h00-19h30)
  • 3 FÉVRIER › « Lever la terre », performance Anne-Laure Delamare (MDA salle 2 | 19h45-20h15)
  • 3 FÉVRIER › « Rebonds et Ricochets », performance en deux temps : les élèves de la classe de Mathieu Tessonière du Conservatoire (CRD) / Mathieu Tessonière & Martin Saez (MDA salle 2 | 20h30-21h30)
  • 6–10 FÉVRIER › « Sans titre (Fio) » 1977, vidéo d’une performance de Sonia Andrade (MDA salle 2 | horaires d’ouverture de la MDA)
  • 6–10 FÉVRIER › « Chandelier » 2002, vidéo d’une performance de Steven Cohen (MDA salle 1 | horaires d’ouverture de la MDA)
  • 9 FÉVRIER › « Les murs et les courbes » / « Les Arcs » et « Frémissements », deux performances Denis Tricot & Eric Cordier (Musée 19h-20h)
  • 10 FÉVRIER › « Histoire de la performance (4) », Conférence de Thierry Cattan (MDA salle 1 | 16h-18h)
  • 10 FÉVRIER › « Dans la pliure », performance Christian Zimmermann & Christian Dherbécourt Compagnie UQU’UBQU’UBUQU, (MDA salle 2 | 19h-20h)
  • 13–17 FÉVRIER › « Un espacio es para atraversar lo » 1994-1995, « Las cosas » 2006, « Al ritmo del tiempo » 2009, vidéos de performances de Esther Ferrer (MDA salle 2 | horaires d’ouverture de la MDA)
  • 13–17 FÉVRIER › « Habillage rituel de la robe du Japon » 2006, « Vêtement / dévêtement » 1983, vidéos de performances de Aline Ribière (MDA salle 1 | horaires d’ouverture de la MDA) 17 FÉVRIER › « Histoire de la performance (5) », Conférence de Thierry Cattan (MDA salle 1 | 16h-18h)
  • 17 FÉVRIER › « Embeurrage », performance Les équarisseurs (MDA salle 2 | 19h)
  • JEUDI 12 AVRIL › Suite à la résidence de Pascale Houbin et Carole Martinez et dans le cadre du festival Concordan(s)e, Performance « Entre nos mains. Entre nos jambes. » (Bibliothèque-Médiathèque Rolland-Plaisance | 20h)

Du 19 janvier au 27 février › « Résonance(s) », installation de Franck Dubois (MDA | salle 3)

Maison des Arts Sollange-Baudoux

Place du général De Gaulle

27000 Evreux

02 32 78 85 40
Mardi, jeudi et vendredi : 10h – 12h et 14h – 18h
Mercredi et samedi : 10h – 18h
Entrée libre

Alvin Lucier, un phénomène sonore

Pour cette nouvelle édition de la Semaine du Son, le GMEA propose une semaine d’événements consacrés au phénomène sonore à travers une rétrospective d’œuvres du célèbre compositeur américain Alvin Lucier, pionnier de l’art sonore et figure majeure de l’avant-garde musicale du XX° siècle.

Centre National de Création Musicale – Albi –  du 29 janvier au 3 février 2018

PROJECTION
29 JAN 20h30
« No Ideas But In Things », un documentaire sur le compositeur Alvin Lucier.
Présenté par le réalisateur Hauke Harder.
Version originale en anglais (non sous-titrée)
ATELIERS
30 JAN > 2 FÉV
GMEA
Une introduction pratique, artistique, scientifique et ludique pour aborder le phénomène sonore à partir d’une série d’installations d’Alvin Lucier :
> Music for Solo performer
>I am sitting in a room
>Nothing is real
>Music for Piano and one or more amplified sonorous vessels
Opera with Objects
Une médiation destinée aux scolaires et aux étudiants.
INSTALLATION
1 > 3 FÉV
LE FRIGO
SEESAW / ALVIN LUCIER
Réalisée par Hauke Harder
Vernissage le mercredi 31 janvier à 18h30.
CONCERT
2 FÉV 20h00
L’ATHANOR (GRATUIT)
Alvin Lucier
> Bird and Person Dyning, pour dispositif électroacoustique
> Criss-Cross, pour deux guitares
> Music for Piano and one or more amplified sonorous vessels
Hauke Harder
> STAR NR. 74 pour piano
Sébastien Roux
> Anamorphoses, pour trois instruments