I am sitting in a room

Alvin LUCIER, « I AM SITTING IN A ROOM », pièce pour 2 magnétophones enregistreurs et 2 systèmes d’amplification, est jouée ici dans le cadre des « Rendez-vous contemporains » de l’église St Merry à Paris le 23 octobre 2018, en deuxième partie d’un concert de l’ « Ever Present Orchestra », orchestre dédié à l’œuvre d’Alvin Lucier et en présence ici d’Alvin Lucier, qui a alors 87 ans.

Texte: « I am sitting in a room different from the one you are in now. I am recording the sound of my speaking voice and I am going to play it back into the room again and again until the resonant frequencies of the room reinforce themselves so that any semblance of my speech, with perhaps the exception of rhythm, is destroyed. What you will hear, then, are the natural resonant frequencies of the room articulated by speech. I regard this activity not so much as a demonstration of a physical fact, but more as a way to smooth out any irregularities my speech might have. »

Traduction : « Je suis assis dans une pièce différente de celle où vous vous trouvez maintenant. Je suis en train d’enregistrer le son de ma voix en train de parler, et je vais la jouer dans la pièce encore et encore, jusqu’à ce que les fréquences provenant de la résonance de la pièce se renforcent elles-mêmes, de façon à ce que toute ressemblance avec ce que je dis, sauf peut-être le rythme, soit détruite. Ce que vous entendrez alors seront les résonances naturelles de la pièce, articulées par ma voix. Je ne conçois cette activité pas tant comme une démonstration d’un phénomène physique, mais plus comme un moyen de lisser toutes les imperfections que ma voix pourrait avoir. »

Cette œuvre est pour moi peut-être le plus beau morceau de Poésie sonore, de ce que l’on peut faire avec la voix en utilisant le médium magnétophone. La beauté de cette performance tient à la qualité sonore de la « pièce », ici une église, qui permet au son d’être réverbéré dans des conditions idéales. Alvin Lucier est ici un « Tondichter », un poète des sons. Le 1er enregistrement a eu lieu à l’Electronic Music Studio de l’Université Brandeis en 1969 et comporte 15 ré-enregistrements. Celui de 1980, dans son living room, comporte 32 répétitions. Feedback, boucle, réinjection, inutile de dire l’influence sur un Steve Reich, mais on pourrait évoquer aussi Éliane Radigue avec sa capacité à jouer avec le larsen. L’idée d’Alvin Lucier est de « faire vivre le son », ici de créer un « paysage de sons » à partir de sa propre voix. J. D.

Vidéo : Jacques Donguy. Archives Jacques Donguy.

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