Fanfare, Ivan Navarro

L’artiste chilien Iván Navarro expose pour la première fois depuis quatre ans à Paris. Il présenteFanfare, un parcours immersif d’œuvres inédites qui interrogent les liens entre musique et pouvoir.
Jouant de correspondances entre effets optiques et sonores, Iván Navarro plonge le spectateur dans le noir, au milieu de sculptures de néons qui sont autant d’instruments de percussion. L’artiste se penche sur les ambiguïtés du langage et la puissance sociale de la musique.
Au cœur de l’orchestre électrique muet, une grosse caisse à double face épelle un mot en lumière, projeté à l’infini par un jeu de miroir, et dont le quasi anagramme se retrouve à l’envers :Blow devient Bomb dans une double ambivalence formelle et linguistique. Les onomatopées lumineusesSlap, Bang, Beat qui ponctuent la visite renvoient autant au rock qu’à la guérilla, à l’agression qu’à la résistance. Tout en niant la fonction originelle des instruments, les œuvres de Navarro produisent une représentation physique du son: immobiles, elles ‘jouent un morceau’ en silence, construisant une étrange perception de l’écoute et du mouvement.
A la polysémie du termefanfare, qui renvoie à la joie tapageuse de morceaux traditionnels mais aussi aux orchestres militaires, répond celle des instruments de musique détournés. Né au Chili sous la dictature de Pinochet, lvan Navarro aborde sans relâche les questions de pouvoir et du contrôle : outils de propagande ou d’élimination, le son et le langage peuvent également servir les insurrections.
L’artiste dévoile également une nouvelle série,Cymbals, intégrée dans un projet de recherche sur la musique initié avecDrums (2009) une batterie montrée dans la project room de la galerie aux côtés de l’environnement The Music Room IV. Conçue en collaboration avec l’artiste Courtney Smith,The Music Room IV est une chambre d’écoute active aux murs de bois recouverts de pochettes d’albums du monde entier – chacun est représentatif d’un soulèvement révolutionnaire. Un dispositif concave capitonné permet aux visiteurs de se nicher, protégés de la cacophonie visuelle des œuvres électriques, pour y écouter les morceaux diffusés. La musique entendue, comme celle ‘visualisée’, est une boucle sans fin de chansons de contestations, de balades de résistance et de célébration qui font entendre une voix unifiée face à l’oppression autoritaire.
Iván Navarro vit et travaille à Brooklyn (NY). Il a représenté le Chili à la 53 ème  Biennale de Venise en 2009.
Du 11 mars au 13 mai 2017
Galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg 75003 Paris
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