Disparition de Pauline Oliveros

Pauline Oliveros, décédée le 25 novembre à l’age de 84 ans, fut incontestablement une très grande dame de la musique contemporaine, expérimentale, minimaliste et de ce que l’on nomme aujourd’hui les arts sonores.

Son accordéon ne soufflera plus à nos oreilles ses longues mélopées, ses drones envoûtants, ses accords resserrées, cette générosité d’un son qui vous embarque dans une écoute profonde, un rituel où l’auditeur est placé dans un état de contemplation proche du sacré. La musique minimaliste américaine a en effet requestionné en profondeur notre état d’écoutant, par l’objet sonore et musical même qu’elle déroule, et le traitement dans des scansions rythmiques évoluant très lentement, tout comme le développement d’incroyables continuums lancinants . Pauline Oliveros participa très activement, parfois en collaboration avec Terry Riley, notamment pour la création du célèbre In C, à ce mouvement minimaliste qui marqua et marque encore, toute une génération de compositeurs et d’auditeurs depuis les années 70

Steve Reich, John Adams, Terry Riley, La Monte Youg, Chalemagne Palestine, Phil Niblock, pour ne citer qu’eux, tous enfants terribles du son, trublions de la choses musicale croisèrent un jour où l’autre une accordéoniste aux sonorités singulières, croisant synthéthiseurs, voix et soufflets de son accordéon.

Pauline Oliveros à crée la DLI – Deep Listening Institut en 1985, au sein de l’Université neworkaise de Rensselaer, après avoir dirigé durant quelques années le Centre de recherche de musique expérimentale de l’Université de San Diego. Dans ces lieux, notre pionnière mettra en œuvre et transmettra l’essentiel de son art, et surtout de sa posture d’écoutante, de sa pensée, par le souffle, la méditation, l’improvisation, le partage… Et lorsque l’on écoute  la respiration si terriblement humaine de son accordéon, on retrouve dans ses longues phrases toute cette énergie intérieure que la Deep Listening porte comme un puissant souffle vivifiant.

À peine quelques jours plus tard après Jean-Claude Risset, dont je vous parlerai bientôt, disparait une musicienne chercheuse, infatigable défricheuse, qui n’a pas finit de nous bercer et de nous réunir parfois dans ce qu’elle invoquait comme le souffle et la musique du Monde.

Où Pauline Oliveros nous fait entendre le bourdonnement des serpents à sonnettes des montagnes, réminiscences de danses…

Source : Quand un accordéon se tait ! Disparition de Pauline Oliveros | DESARTSONNANTS – SONOS//FAIRE

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